Vous avez dit « Quand tu consommes, tu cautionnes ? »


Image par mehrunissa de Pixabay
« Si ma consommation d’aujourd’hui privilégie « l’avoir », la facilité, la résignation ou le paraître au détriment de « l’être » et des valeurs, je ferme la porte à la souveraineté, à l’achat responsable, à la qualité, à la responsabilité sociétale et à l’émergence des talents. Consommer moins, consommer mieux, consommation responsable ? A chacun ses choix, le tout est de les assumer, de prendre ses responsabilités et de se préparer à réparer et à rendre des comptes demain. »

Je ne partage pas les valeurs de la société PEARTECH mais j’achète parce que ses produits sont à la pointe et renommés. Je n’adhère pas au business model de la plateforme STREAMTUB mais j’utilise parce que c’est pratique. Je ne suis pas content des services de PAMOR mais j’achète quand même car sa renommée est faite. Le Groupe GROSPOL n’est qu’un intermédiaire qui exploite ses intervenants … je le sais mais je lui commande quand même des prestations. Le leader NANOSAFT propose des produits que tout le monde utilise, à quoi bon lutter avec les alternatives plus souveraines, j’achète aussi… Et vous ?

L’usage vs les valeurs

Il n’est jamais facile de choisir entre :

* d’un côté, le VISIBLE : la praticité-diversité du produit-services, le prix bas, le rapport qualité-prix, la notoriété de la marque, la diversité de choix, la facilité-simplicité de l’acte d’achat…
* de l’autre, l’INVISIBLE : les engagements sociaux-environemntaux-sociétaux de l’entreprise, les valeurs portées par le produit-service ou l’entreprise, le respect par l’entreprise de ses parties intéressées, de la libre-concurrence, de la conformité légale et réglementaire
* entre les deux, le BON SENS : mon achat ou acte de consommation préserve-il la souveraineté ? Garantie-t-il la pérennité de l’usage dans la durée ? Préserve-t-il les intérêts de parties intéressées ? Redistribue-t-il correctement la valeur… ? Garantit-il les avantages sociaux, l’emploi, l’environnement, la démocratie… ?

La face cachée de ce que tu consommes

  • Ce produit-service gratuit aujourd’hui détruit la concurrence et crée de la dépendance. En l’achetant aujourd’hui, je rends dépendants et soumets les futurs consommateurs à des augmentations de prix, sans aucune alternative possible.
  • J’achète des produits de pays qui exploitent les salariés et/ou ne respectent pas l’environnement, le social, les droits de l’Homme…. En achetant ce produit, je cautionne ce pays, je détruits l’emploi en France, je détruits les concurrents respectueux…
  • Ce produit industriel et/ou importé… sera toujours moins cher que le « même » produit artisanal, socio-éco-bio… En l’achetant, je ne permets pas de payer les choses à leur juste valeur, de valoriser le travail, d’encourager ceux qui produisent en respectant la sécurité-santé-réglementation-environnement…
  • Ce produit pas cher me permet de changer souvent… J’achète ce dont je n’ai pas forcément besoin. Quoi qu’il en soit, ce produit me coûte et me me permet pas d’utiliser mon argent plus « intelligemment ».
  • Ce service gratuit (médias sociaux…) m’apportent des usages pratiques… « Quand c’est gratuit, c’est toi le produit » (tes données, tes habitudes, tes goûts….) ? Peut-être que ça aspire mes données personnelles, que ça m’enferme dans des chambres d’écho… mais ce n’est pas grave… En connaître les conséquences ne m’intéresse pas.

Pourquoi continuer alors qu’on sait tout ça (ou qu’on préfère ne pas savoir) ?

  • Parce que je ne veux pas passer du temps à expliquer le pourquoi de mes choix de produits-services-prestataires… je préfère rentrer dans le rang, ne pas faire de vague…
    … alors j’accepte de ne pas exister ? « Exister c’est résister » Jacques Ellul.
  • Parce que je préfère faire comme le plus grand nombre : tout le monde achète cette marque/ société, je n’en suis pas content, c’est cher et pas toujours de bonne qualité mais je ne prends pas de risque…
    … alors je tue toute initiative plus performante, plus responsable, plus innovante.. je décourage tous ceux et celles qui œuvrent à fournir des produits-services au juste prix et de qualité.
  • Parce que que je pense à moi, mon intérêt à moi, maintenant… et après moi le déluge
    …. alors je ne m’offusque pas de voir qu’on ne produit plus rien en France et j’irai l’expliquer aux générations futures.
  • Parce que la notoriété, l’image sert mes intérêts et passe avant le reste
    … alors à quoi bon faire de la RSE ou avoir des engagements si on cautionne des marques qui n’en font pas et mènent à mal leurs fournisseurs et sous-traitants, leurs salariés, l’environnement.
  • Parce que les leaders du marché m’apportent une renommée/ crédibilité
    …. alors je ferme les yeux sur l’exploitation de leurs salariés et sous-traitants qui deviennent malléables et corvéables à merci ?
  • Parce que c’est moins cher que les produits « fabriqués/ produits en France »
    … alors je ne plains pas les producteurs français, ou je ne demande pas au « Gouvernement de les aider » si moi, je ne suis même pas capable d’acheter leurs produits-services.

On ne peut pas se batte contre tout, alors comment choisir ses combats ?

Alors on peut se dire :  » Le choix n’est pas toujours ni facile ni possible », « On peut aussi choisir ses combats », « parfois on va au plus simple : pas pour « l’avoir » mais par praticité, par manque de connaissances/compétences …sans renier ses valeurs pour autant et agir par petits pas »…Et c’est bien vrai. A l’impossible nul n’est tenu, on ne peut pas se battre contre tout… alors un seul mot d’ordre : LE RISQUE !!! C’est le seul moyen de choisir les combats les plus pertinents.
Donc dans tous les cas, je m’informe, je me rends conscient des risques et de ses conséquences .. et j’évite de faire l’autruche !

Niveau de risqueL’impact du risque ne concerne que moiL’impact du risque concerne les autres aujourd’hui ou demain
ModéréOn ne peut se battre contre tout. Je fais comme je sens
MoyenJ’évite.. sauf si je ne peux faire autrementÇa dépend de ma responsabilité sociétale, de mes engagements, de mes valeurs…
FortJe m’abstiens. Sinon, j’en assumerai seul les conséquences sans aller chercher les responsabilités ailleurs.C’est très personnel, selon que je me soucis ou pas des autres, des générations futures, de mon pays…

À chacun sa part. Vous ne pourrez plus dire que vous ne le saviez pas !